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Le quai des brumes

Le quai des brumes






« T'as d'beaux yeux tu sais... »

Mercredi 27 mai. Je n'ai rien de spécial à faire aujourd'hui et demain, si ce n'est des papiers à remplir, voir ce soir mon meilleur pote chez lui, un peu de muscu et quelques autres personnes à voir pour mes paroles (vu que le Fête De La Musique approche...). Pour me motiver un peu, et comme j'ai du temps devant moi, je décide de regarder en DVD un film diffusé il y a deux jours sur ARTE mais que j'ai raté, donc je me rattrape vu que c'est un de mes films préférés (le quatrième film que j'aime le plus pour être précis) : LE QUAI DES BRUMES (1), de Marcel Carné, créé en 1938.
L'histoire est celle d'un déserteur de l'armée coloniale prénommé Jean (Gabin dans un de ses plus beaux rôles, sublime et mélancolique) qui arrive au Havre, espérant partir à l'étranger. Un clochard qu'il rencontre par hasard (Aimos) l'emmène dans la baraque du vieux Panama (Édouard Delmont). Il y rencontre un peintre fou et désespéré, Michel Krauss (Robert Le Vigan, génial), puis une orpheline de 17 ans, Nelly (Michèle Morgan, alors jeune et bouleversante). Cette dernière se cache de son tuteur jaloux, Zabel (Michel Simon, grand acteur jusqu'au bout), qui tente d'abuser d'elle. Une idylle se forme alors entre ces deux âmes perdues et solitaires...
Scénario et dialogues de Jacques Prévert, donc des répliques cultes : le mythique « T'as d'beaux yeux tu sais » (Gabin), « Je peins les choses cachées derrière les choses » (Le Vigan), « Mieux vaut avoir cette tête là que pas de tête du tout » (Simon) et en plus une poésie d'un réalisme incontestable. Des acteurs inimitables interprétants des personnages fascinants. Ce QUAI DES BRUMES, qui a fait un nombre fracassant d'entrées à l'époque, a tout pour plaire. Je le dis à nouveau : un véritable monument !
Le film se termine en même temps que la matinée. Gabin meurt en pleine rue, il rend son dernier souffle dans les bras de Morgan en train de pleurer toutes les larmes de son corps. Le chien de Jean est reparti errer de nouveau tandis que le bateau part pour le Venezuela (faut voir le film pour comprendre) et que les autres mènent leur petite vie, vu que pour eux c'est un jour comme les autres. Il va me falloir faire la même chose. Vivement la prochaine fois que je revois ce film. Pas tout de suite, non, dans un bon bout de temps, pour que le plaisir soit encore présent.





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1 = Réalisé par Marcel Carné, avec Jean Gabin, Michèle Morgan, Michel Simon, Pierre Brasseur, Edouard Delmont, Aimos, Robert Le Vigan, écrit par Jacques Prévert d'après le roman du même nom datant de 1927 de Pierre Mac Orlan (1938 Ciné-Alliance). CE FILM REÇUT EN 1939 LE PRIX LOUIS DELLUC, LE GRAND PRIX DU CINÉMA FRANÇAIS ET LE PRIX MÉLIÈS DE L'ACADÉMIE DU FILM.

Photo : Eugène Schüfftan (1938).





# Posted on Saturday, 30 May 2009 at 4:33 AM

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