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Louise

Louise





Il y a des moments dans la vie où j'ai envie d'écrire une histoire un peu trop personnelle. Ces histoires peuvent durer quelques jours comme elles peuvent durer quelques mois. Ceux qui me lisent depuis longtemps le savent. Ce que j'ai vécu dernièrement, même si c'était court, m'a donné envie de le raconter, simplement. Peut-être était-ce aussi la personne qui m'a donné l'envie de le raconter. Je ne sais pas encore.


Une rencontre

Lundi 18 mai. 09 heures vient de passer. En ce qui me concerne il est temps d'aller à Déville (ça concerne ma recherche d'emploi), à l'ECF de Maromme (l'école de conduite où je suis inscrit) et passer au CHARLES' histoire manger un petit quelque chose avec un putain de bon chocolat chaud.
Une heure plus tard. Le ciel est toujours aussi clair et le soleil réchauffe agréablement. Je sors de l'ECF (le permis sera pour fin juin normalement), monte la côte qui mène à la Demi-lune pour prendre le bus direction Rouen. Je viens de mettre dans mon MP4 l'album LORADA de Johnny (1). Le temps passe, je lis à l'arrêt de bus que le T2 n'arrive pas avant une dizaine de minutes (j'ai dû rater le précédent de très peu). La seconde chanson de ce disque, qui est au passage le second que Goldman ait pu faire pour l'idole, EST-CE QUE TU ME VEUX ENCORE, commence à raisonner dans mes oreilles. J'aime bien ce titre, sa musique est géniale je trouve. Avec cet album en fond sonore et un temps pareil on aimerait que toute la journée, même toute la semaine, reste ainsi. Je m'assois sur le petit banc métallique. Je tourne la tête à gauche, histoire de voir les voitures descendants vers Maromme (si elles prennent à gauche) ou Bondeville (si elles vont tout droit). Soudain, je vois une jeune femme s'avancer vers moi et qui se pose près du distributeur, clope en bouche. Brune, la vingtaine, métalleuse et très mignonne. C'est vrai qu'elle est mignonne. Belle même. Elle regarde vers moi. Il faut que je réagisse vite avant qu'elle me prenne pour un abruti. « Tu veux t'assoir ? » (Bon choix de phrase Adrien)
Elle réfléchie, retire sa clope de sa bouche, me fait un sourire et répond simplement « Pourquoi pas. »
Je me décale alors un peu (mais pas trop quand même) pendant qu'elle se pose à côté de moi, en éteignant son MP3. Pas pure politesse je fis la même chose avec le mien (le reste de l'album attendra). « Je m'appelle Louise, et toi ?
- Adrien.
- Ah, c'est mignon comme prénom (c'est bien la première fois que j'entends cette phrase en parlant de mon prénom). Tu descends où ?
- Rouen, au Théâtre.
- D'accord, moi au Mont Riboudet. Heureusement qu'il fait un temps pareil, avec la journée qui m'attend j'aurai fait une putain de déprime.
- J'étais en train de penser la même chose (menteur). »
Et on continue de parler, de faire connaissance. Le bus arrive, on s'y pose l'un à côté de l'autre. Moi près de la vitre (ma place préférée). Nous discutons encore, son sourire est craquant. On arrive au Mont Riboudet. Il est temps qu'elle descende, alors on s'échange nos numéros de téléphone, en se disant que se serait cool de se contacter très vite.
Une fois descendue, cette Louise de 22 ans me regarde et me sourie de nouveau. Je le lui rends. J'ai bien envie de prendre des nouvelles rapidement.



Une nuit et son lendemain

Jeudi 21. Il est bientôt minuit. Nous sommes dans mon lit. On vient de le faire. Comme mes parents sont dans leur camping depuis mercredi pour tout le week-end (2), j'ai voulu la voir. Voulu qu'elle soit là cette nuit. Ce qui est génial, en plus de ce qu'on vient de faire, c'est qu'avec tout ce que j'ai prévu et les gens que j'ai à voir jusqu'à dimanche soir (retour de mes parents et surtout la fin du FESTIVAL DE CANNES), je n'aurai pas le temps de me rendre compte que je suis seul dans la maison. Absolument pas. Surtout pas. Putain de bon week-end.
Elle est allongée sur le ventre. Je suis près d'elle, laissant quelques bisous sur mon épaule et la regardant. Elle aussi me regarde. Elle ressemble un peu à l'actrice Mélanie Doutey.
« Tu regardes quoi comme ça ? » Me fit-elle avec un léger sourire.
« Toi. On t'as déjà dit que tu ressemblais à Mélanie Doutey ?
- Qui ?
- Mélanie Doutey, une actrice Française. Tu n'y connais rien en cinéma, hein ?
- Non j'suis plus musique.
- Tu sais pas c'que tu rates.
- C'est un mec qui écrit des paroles depuis des années qui me dit ça ?
- ... Un point pour toi. »
Je me tourne pour éteindre la lampe à coté de mon lit (la seule allumée) qui fait effet tamisé (elle n'est pas là juste ce genre de moment, c'est juste que j'aime bien l'effet qu'elle donne). Je me tourne de nouveau vers elle, elle reste dans la même position. Nous parlons un peu, jusqu'à ce que le sommeil nous gagne, presque tous les deux en même temps.
Le lendemain. Il n'est pas loin de 11 heures lorsqu'elle est prête pour partir, et moi pour courir. Ses yeux se posent sur moi, il y a une question qui se cache derrière. « Oui ?
- Tu veux qu'on se revoit plus tard ? »
Oh non au secours, j'ai horreur de ce genre de question. Soit je réponds non et elle ne va pas aimer, soit je réponds non et elle comprendra ou soit je dis oui mais au fond je crois je ne le penserai pas. « En fait... on se connaît que depuis lundi, et encore on s'est vraiment connu hier soir. Je ne suis pas sûr de ma réponse. Ni comment je dois la formuler... »
Rien pendant quelques secondes, puis un sourire. Ouf, je n'ai pas fait de conneries ça va. « Je comprends, t'inquiète. »
Elle s'approche vers moi, me donne un baiser digne de ce nom et un dernier sourire. Elle se retourne, ouvre la porte et s'en va. Je ferme cette porte d'entrée et tourne mon regard vers la première fenêtre qui se présente, histoire de la regarder partir, de nouveau son MP3 aux oreilles. Je m'aperçois qu'elle porte presque la même tenue que lundi. C'est drôle, ce lundi je la vois arriver de la même manière, et là elle s'en va. Soudain, comme souvent, mon esprit veut passer à autre chose.
Au pire j'ai son numéro pour prendre des nouvelles.

Il me fallait raconter cette petite histoire, qui aura peut-être une suite, ou peut-être pas. Peut-être pas. Ceux qui ne comprennent pas pourquoi ou alors qui croient que c'est de la pure vantardise cachée derrière l'écriture (comme on m'en a fait la remarque par le passé), je n'ai qu'une chose à dire : allez vous faire foutre.





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1 = 1995 Philips.

2 = Lire l'article précédent.






# Posted on Wednesday, 27 May 2009 at 2:07 AM

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