« Retour au blog de Adrien-Balboa

Deux vengeances valent mieux qu'une

Deux vengeances valent mieux qu'une






Mercredi 20 mai. Le temps est superbe, chaud et ensoleillé. Être dans Rouen sous un climat comme celui-ci, vers 11 heures, n'a rien de désagréable.
Si je suis dans cette ville ce n'est pas pour écrire ou me tourner les pousses mais parce que j'ai rendez-vous à l'organisme qui sert à trouver un emploi, celui dont j'ai parlé dernièrement (1). Il y a deux mecs de l'atelier précédent qui y sont aussi. Ce rendez-vous qui commence à 11 heures 30 est en fait un rendez-vous d'informations. Ça a l'air bien, efficace. Je vais devoir y aller deux matins par semaine. J'espère que ce sera le moins possible, car cela voudrait dire que j'aurai trouvé. Pour ma part, ça commencera vraiment là-bas la semaine prochaine.
Il est midi lorsque je ressors. Le temps n'a pas changé, plus de personnes sont dehors (normal c'est l'heure de déjeuner, et aussi la fin des cours pour certains). Techniquement je suis en week-end, vu que demain c'est jour férié, et que mes parents partent dès ce soir et reviennent dimanche dans la soirée. Comme je n'aime pas me retrouver seul avec moi-même j'ai prévu d'avoir des tonnes de choses à faire, et de voir des gens. Mais ce long week-end débute vraiment ce soir, car vous vous en doutez, le mercredi est pour moi synonyme de jour des sorties de films. Et ce mercredi 20 est surtout, à mes yeux, celui de VENGEANCE (2), tout nouveau film avec en vedette Johnny Hallyday (grand bienfaiteur du rock en France) et réalisé par le grand Johnnie To. VENGEANCE fut d'ailleurs applaudi la semaine dernière au FESTIVAL DE CANNES (dans lequel il est en compétition).
La séance se déroule au PATHÉ DOCKS 76 (à Rouen en somme), toujours avec Grand Ours. Cette dernière est à 19 heures 50, donc on a un peu de temps pour y aller (j'arrive souvent chez lui vers 18 heures 45, en gros après qu'il revienne du boulot). J'adore le sujet du film, même en le lisant seulement sur le papier : Francis Costello, un ancien tueur professionnel qui a raccroché depuis une vingtaine d'années, va à Hong Kong pour venger sa fille, son gendre (comptable pour la pègre) et ses petits-enfants, victimes de tueurs à gages.
Je le dis tout de suite : Johnny est dans un de ses meilleurs films. Sa carrière d'acteur, qui a beaucoup été dans l'ombre de sa popularité et de sa carrière musicale, n'a connue que quelques bons moments (au passage, Godard for ever). Mais dans ce rôle de Costello, il trouve le moyen de prouver ce qu'il a dans le ventre devant une caméra en jouant avec simplicité, comme les plus grands. Il est formidable je vous dis. Même le personnage de Costello est un putain de beau rôle : un homme qui se retrouve dans un pays qu'il ne connaît pas, qui est seul, perdu au milieu d'inconnus, perdu au milieu de tout, perdu dans sa mémoire de plus en plus défaillante, qui n'a malgré tout que la vengeance en lui et qui ira jusqu'au bout pour les faire payer, même si il doit tout y laisser. Un héros qui n'en est pas un. Qui n'en a jamais été un. Ce personnage était au début destiné à Alain Delon (le vrai, l'unique), mais les producteurs en ont décidé autrement lors du refus de la légende vivante, et ont pris un autre mythe Français, qui lui a rarement déçu son public. Delon doit d'ailleurs s'en mordre les doigts je pense, vu que le film est absolument magnifique. Inventif, porté sur le doute, le désespoir et sur ce que le genre humain peut être (honorable mais aussi idiot, assassin et j'en passe), VENGEANCE est un bel hommage à Melville (que Delon a connu d'ailleurs), un cinéaste que Johnnie To aime énormément, mais aussi au western, à Eastwood et à d'autres films en général.
La soirée s'est terminée à la maison, toujours avec Grand Ours, devant une pizza, des bières et le DVD d'un film que je n'ai pas vu depuis des années (lui aussi d'ailleurs) : SOUVIENS-TOI L'ÉTÉ DERNIER (3).
L'histoire, pour ceux qui ne connaissent pas, parle elle aussi d'une bonne vieille vengeance : lors de la nuit de la fête nationale, aux États-Unis, Julie, Helen, Ray et Barry ont par accident renversé un inconnu. Devant la crainte de leur avenir compromis par ce drame, ils décident de faire disparaître le corps et font le serment de ne jamais en parler. Jamais. Un an plus tard, début juillet, chacun des quatre amis se trouve confronté à des événements terrifiants. Ils doivent se rendre à l'évidence : quelqu'un sait ce qu'ils ont fait et semble bien décidé à le leur faire payer...
Il est clair que passé l'adolescence, ce film semble moins important et moins génial. Le scénario a beau être très bon (malgré certains dialogues qui font légèrement pitié, surtout à la fin du film), on se rend compte que la réalisation n'est pas si parfaite et que le gore ici n'existe pratiquement pas. Plus les années passent, et plus SOUVIENS-TOI L'ÉTÉ DERNIER est plus proche du drame que du film d'horreur. Mais j'ai tout de même été content de revoir Sarah Michelle Gellar, ici en petite pétasse qui n'est pas devenue ce qu'elle voulait (comme ces amis dans ce long) et qui a vu ses rêves sombrer avec elle à cause de cette macabre histoire.
Nous usons ce bout de soirée qui reste devant la télé et sous des vannes impensables, jusqu'à 01 heure du matin (le lendemain matin je cours avant de commencer la journée). Ce long week-end est vraiment lancé.



PS : Pour en revenir rapidement à Johnny, aujourd'hui sort le coffret DVD JOHNNY HALLYDAY : VOLUME 2 - LES ANNÉES 70 / 84, et ce soir est diffusé le documentaire LA LÉGENDE DE JOHNNY commenté par Antoine de Caunes (4), en prime-time sur FRANCE 3.





______

1 = Lire l'article ANGES ET DÉMONS.

2 = Réalisé par Johnnie To, avec Johnny Hallyday, Sylvie Testud, Simon Yam, Suet Lam, écrit par Wai Ka-Fai (2008 Milky Wai Image Co. Ltd. / ARP Selection / Media Asia Films Ltd). CE FILM FUT DANS LA SÉLECTION OFFICIELLE EN COMPÉTITION DU FESTIVAL DE CANNES 2009.

3 = I KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER, réalisé par Jim Gellespie, avec Jennifer Love Hewitt, Freddie Prinze Jr., Sarah Michelle Gellar, Barry William Cox, écrit par Kevin Williamson d'après le roman du même nom de Lois Duncan datant de 1973 (1997 Columbia Pictures Corporation / Mandalay Pictures / Summer Knowledge LLC).


4 = Réalisé par Stéphane Benamou (2009).

Photo : Siu-Keung Cheng (2008).





# Posté le lundi 25 mai 2009 01:13

« Article précédent : Oubli

Article suivant : Louise »