Ce n'est pas mon acteur préféré, ni une de mes idoles (dans « le même genre » je préfère Fernandel, que j'admire énormément), mais il faut quand même reconnaître qu'il a une belle place dans l'histoire du cinéma Français, et que c'était un artiste digne de ce nom.
Pour entrer dans le vif du sujet, l'histoire de cette comédie se déroule en Normandie, sous l'Occupation. Léon Duchemin tient un restaurant avec sa s½ur. Ses clients sont des Allemands, des faux et vrais Résistants et des trafiquants. Le pauvre Duchemin devient malgré lui résistant quand un pilote Anglais trouve refuge chez lui et quand il dérobe aux services d'Hitler les plans de ses missiles V1...
LE MUR DE L'ATLANTIQUE aurait pu être une comédie Française de plus qui se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais la simplicité et la drôlerie de ce petit bijou en ont décidé autrement. C'est un plaisir de le regarder, même si ça doit être la cinquième ou sixième fois que je vois ce film. Certains dialogues sont à écouter avec délice, et Bourvil nous fait toujours rire en faisant son naïf, tendre et pitre à la fois.
Le film se termine et il me faut partir. Comme souvent je suis déjà en retard. Il me faudra attendre avant d'avoir le temps de revoir d'autres films avec lui. Oui, soudain j'ai envie d'en revoir d'autres...
Saroyan, un trafiquant, utilise Antoine Maréchal, un honnête et timide VRP, dont il vient de mettre en miette sa 2 CV, pour emmener de Naples à Bordeaux une superbe Cadillac. Évidement, l'affaire est très louche et personne n'oubliera le voyage...
Comme toutes comédies avec Bourvil, j'ai vu ce film peu de fois. Ce qui ne m'a pas empêché d'être mort de rire à presque tous les gags. En plus, comme j'adore de Funès... Bourvil interprète bien entendu un Français moyen et naïf tandis que de Funès campe un type qui lui colle aussi à la peau : un homme d'affaire qui fait tout pour arriver à ses fins. LE CORNIAUD est un film tordant et connut un succès considérable à sa sortie en 1965 (un film culte en gros).
Mercredi 15. Cette fois c'est un autre grand film avec Bourvil que j'attaque. Son plus connu et son meilleur : LA GRANDE VADROUILLE (4).
Ici, l'action se déroule en 1942. Un avion anglais est abattu par les Allemands au-dessus de Paris. Les trois pilotes sautent en parachute et atterrissent dans différents endroits de la capitale. Ils sont aidés par deux Français : un chef d'orchestre et un peintre en bâtiment qui acceptent de les mener en zone libre. Ils deviennent ainsi, malgré eux, acteurs de la Résistance...
Un an après l'énorme succès du CORNIAUD, Gérard Oury dirige de nouveau le tandem Bourvil-de Funès. Cette fois ce sera 17 millions de spectateurs qui vont voir cette comédie géniale. Un film au budget plus élevé, au scénario plus drôle, original, inventif et une histoire plus ambitieuse. Ce film fait rire comme rarement, tient en haleine et parvient même à émouvoir. Oury réalise ici un bon road-movie sous l'Occupation à l'humour poétique, dans lequel De Funès (plus teigneux que jamais) se met à malmener à certaines occasions le tendre Bourvil. Un véritable monument de notre cinéma (et de l'Histoire tout court). LA GRANDE VADROUILLE sera le plus grand carton du cinéma Français en France, jusqu'à ce que BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS (5) ne change tout avec ces 20 millions d'entrées en 2008, même si ce dernier est moins réussi.
Au passage, Louis de Funès et Gérard Oury devaient retrouver l'artiste de Normandie pour LA FOLIE DES GRANDEURS (6) en 1971 (l'une des meilleurs comédies à mes yeux). Mais quelques mois avant la nature en a décidé autrement. Le scénario a dû être refait pour Yves Montand.
Il y'a aussi une autre chose dont j'ai envie : regarder encore quelques autres de ces films. Je ne sais pas quand mais encore deux ou trois. Dès que j'ai des centaines de minutes à tuer.
Samedi 18. Il pleut comme vache qui pisse, et il en annonce jusqu'à la fin du week-end. Ah oui, j'ai horreur du ciel gris et de la pluie, ça me donne une déprime hors du commun (c'est vraiment une chance d'être en Normandie...). Ce qui est paradoxal, enfin pour certains, c'est que j'adore m'endormir (ou du moins être au lit le soir) lorsqu'il y'a un orage de tous les diables. Le bruit m'aide à dormir. Bref, pour revenir au samedi 18, il fait un temps de merde et le plus chiant c'est que je suis malade comme un chien depuis la veille (depuis le milieu de l'après-midi pour être plus précis). Étant donné que je n'aime pas rien faire (mais qu'il me faut du repos, fait chier), je suis bon pour regarder des tonnes de films. Et donc certains avec Bourvil.
Pour commencer, samedi après-midi je regarde LE CERVEAU (7), une comédie commerciale où Bourvil partage l'affiche avec mon second acteur préféré, celui qui est pour moi le meilleur acteur Français de tous les temps : Monsieur Jean-Paul Belmondo.
1968. Un train spécial va transporter, de Paris à Bruxelles, les fonds secrets des nations de l'O.T.A.N. Des deux côtés de la Manche, deux individus cherchent à s'en emparer. Côté Français, Arthur, tout juste échappé de prison et petit truand débrouillard, assisté de son ami Anatole. Côté Britannique, Le Cerveau, brillant escroc disposant d'une équipe de spécialistes et de moyens considérables (dont la Mafia). Les deux équipes programment leur hold-up le même jour, à la même heure...
Une belle brochette d'acteurs à l'affiche (en plus du duo les grands David Niven et Eli Wallach), un scénario très imaginatif (puis inspiré d'un fait divers), des dialogues qui valent le coup (« Allo ? C'est toi qui m'appelle ? » de Bourvil), d'une certaine manière, on peut parfois croire que LE CERVEAU est un chef-d'½uvre injustement oublié, dans lequel Gérard Oury se moque des polars. Du début à la fin, ce film est un régal.
Dimanche 19. Toujours la même chose : malade, pluie et donc rien à faire. Plusieurs films vont tourner. Ce jour là il y'en aura deux avec notre acteur en question. Le premier est aussi un de ses derniers films : le bouleversant ARBRE DE NOËL (8).
Tous les ans depuis qu'il a perdu sa mère, Pascal revient à Paris pour passer ses vacances avec son père Laurent. Ils partent en Corse. Au cours d'une ballade en mer, un avion explose près d'eux et une bombe retenue par un parachute tombe lentement dans l'eau. Laurent, qui était en plongée, n'a rien vu. Contrairement à son fils. Il décide de le ramener à Paris pour lui faire subir des examens médicaux qui s'avèrent négatifs. Quelques jours plus tard, Pascal revient d'une promenade avec une marque bleuâtre à la tempe. Laurent demande de nouveaux examens pour Pascal. Il est fort probable que le jeune garçon ne passera pas l'année.
Le sujet est grave : un enfant et la mort. Cette dernière arrivant très lentement pour le prendre, à cause de la folie des hommes. Du moment où on apprend que le jeune Pascal est malade jusqu'au final (qui est à tirer les larmes), le film plonge au plus profond dans l'émotion. La réalisation est loin d'être parfaite mais les acteurs, très bons, sauvent vraiment l'honneur. Bourvil, hurlant sa révolte face à l'injustice qui est relatée dans ce drame, prouve de nouveau qu'il sait tout faire. Un autre film qui mérite de sortir de l'oubli.
Les loups ont à peine fini de pleurer (en gros L'ARBRE DE NOËL se termine) et j'ai déjà envie d'en revoir un autre avec Bourvil. Un dernier, avant d'en faire trop et d'être lassé par le personnage. Ce sera LA JUMENT VERTE (9). Ce dernier film, qui se déroule au fin fond de la campagne Française à la fin du XIXème siècle, est une comédie aux accents paillard qui avait choqué à l'époque, puis fut censuré dans certains cinémas.
L'histoire est d'abord celle d'une une jument verte, qui naît à la ferme des Haudouin. Elle en devient la mascotte et la protectrice. A la mort du père Haudouin, son fils Honoré lui succède. Depuis longtemps, la famille attire la jalousie des Maloret. Durant la guerre de 1870, Zèphe Maloret dénonce Honoré comme étant un franc-tireur...
Ca faisait vraiment longtemps que je n'avais pas vu cette comédie, et je peux dire que ce fut un plaisir de la redécouvrir. Francis Blanche trouve ici un rôle taillé pour lui et Bourvil, dans le rôle du chef de famille intransigeant et obsédé sexuel, est remarquable (encore une preuve qui montre qu'il savait tout faire). La musique, très adaptée, de René Cloërec tombe toujours au bon moment.
Voilà, nous sommes presque dimanche soir. Je vais mieux mais je ne suis pas encore totalement en forme. J'ai fini avec les films de Bourvil, peut-être que j'en verrai d'autres un peu plus tard, ou alors pas avant longtemps, comme ceux dont je viens de parler. Demain une nouvelle semaine commencera, celle du 20 avril. Pour le moment je n'ai pas grand-chose de prévu (enfin rien d'inhabituel), à part ce blog à commencer le mardi. Mais ça, c'est une autre histoire...
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2 = Écrit et réalisé par Jean-Pierre Melville, avec également Alain Delon, Yves Montand, Gian Maria Volonte, François Périer (1970 Les Films Corona / Selenia Cinematografica).
3 = Écrit et réalisé par Gérard Oury, avec également Venantino Venantini, écrit également par André et George Tabet puis Marcel Jullian (1964 Les Films Corona / Explorer Film 58).
4 = Écrit et réalisé par Gérard Oury, avec également Claudio Brook, Mike Marshall, Marie Dubois, écrit également par Danielle Thompson, Marcel Jullian, Georges et André Tabet (1966 Les Films Corona / Rank Organisation).
5 = Avec, écrit et réalisé par Dany Boon, avec également Kad Merad, Zoé Félix, Philippe Duquesne, Line Renaud, Michel Galabru, Stephan Freiss, Guy Lecluyse, Anne Marivin, Patrick Bosso, écrit aussi par Franck Magnier et Alexandre Charlot (2007 Pathé Renn Productions / Hirsch / TF1 Films Production / Les Productions Chicon).
6 = Écrit et réalisé par Gérard Oury, avec également Yves Montand, Alice Sapritch, Alberto De Mendoza, Karin Schubert, Paul Préboist, Venantino Venantini, écrit aussi par Danielle Tompson et Marcel Jullian, d'après la pièce RUY BLAS de Victor Hugo datant de 1838 (1971 Gaumont / Mars Film).
7 = Écrit et réalisé par Gérard Oury, avec également Jean-Paul Belmondo, David Niven, Eli Wallach, Jacques Balutin, écrit aussi par Danielle Thompson et Marcel Julian (1968 Dino De Laurentiis Cinematografica / Gaumont International).
8 = Écrit et réalisé par Terence Young, avec également William Holden, Virna Lisi, Brook Fuller, d'après le roman du même nom de Michel Bataille datant de 1967 (1969 Jupiter Generale Cinematografica / Les Films Corona / Valoria Films).
9 = Réalisé par Claude Autant-Lara, avec également Francis Blanche, Sandra Milo, Yves Robert, Julien Carette, Georges Wilson, écrit par Jean Aurenche et Pierre Bost d'après le roman du même nom de Marcel Aymé datant de 1933 (1959 Société Nouvelle Des Établissements / Gaumont / Productions Raimbourg / Zebra Films).
Photo : Alain Levant (1970).
